{"id":50076,"date":"2017-08-16T16:57:32","date_gmt":"2017-08-16T15:57:32","guid":{"rendered":"https:\/\/cornellsailing.com\/2017\/08\/where-do-all-the-boats-go\/"},"modified":"2018-09-28T23:04:16","modified_gmt":"2018-09-28T22:04:16","slug":"jimmy-cornell-ou-vont-tous-les-bateaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/2017\/08\/jimmy-cornell-ou-vont-tous-les-bateaux\/","title":{"rendered":"Enqu\u00eate : O\u00f9 vont tous les bateaux ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Ceci est un extrait du dernier livre de Jimmy Cornell &#8220;<a href=\"\/fr\/publications\/200000-miles-a-life-of-adventure\/\">200,000 Miles &#8211; A Life of Adventure<\/a>&#8220;.<\/em><\/p>\n<p><span class=\"button\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/downloads\/GYM-Ou-vont-tous-les-bateaux-CornellSailing.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9charger cet article en PDF<\/a><\/span><br \/>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-11.jpg\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-11.jpg\" width=\"680\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Le nombre de yachts qui ont visit\u00e9 les principales destinations de croisi\u00e8re en 2015 par rapport aux autres ann\u00e9es. Pour agrandir le diagramme <a href=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-11.jpg\" target=\"_blank\">cliquez ici<\/a>.<\/p><\/div><\/p>\n<p>Dans les cinq ans qui ont suivi la publication de <a href=\"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/2012\/11\/cornells-survey-of-global-cruising-yacht-movements\/\">ma pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tude<\/a> sur les mouvements et la distribution des voiliers \u00e0 travers le monde en 2010, la plan\u00e8te a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 deux ph\u00e9nom\u00e8nes majeurs qui ont affect\u00e9 la grande croisi\u00e8re \u00e0 la fois \u00e0 court et \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>L\u2019agitation politique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a boulevers\u00e9 la croisi\u00e8re en M\u00e9diterran\u00e9e ainsi que les travers\u00e9es de l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord et de la Mer Rouge, mais ces effets peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme r\u00e9gionaux, alors que les cons\u00e9quences du changement climatique affectent aujourd\u2019hui le monde entier.<\/p>\n<p>Les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques globales ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impact\u00e9es en 2015 par l\u2019\u00e9pisode El Ni\u00f1o prolong\u00e9 qui a exacerb\u00e9 les effets en cours du changement climatique, plus particuli\u00e8rement dans le Nord-Ouest du Pacifique o\u00f9 au moins un typhon s\u2019est produit chaque mois de l\u2019ann\u00e9e, la saison s\u00fbre n\u2019\u00e9tant malheureusement plus maintenant qu\u2019un souvenir du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Comme les derni\u00e8res fois, afin de construire une image r\u00e9aliste du mouvement mondial des bateaux, j\u2019ai contact\u00e9 les autorit\u00e9s dans les ports de transit les plus importants de chaque oc\u00e9an pour demander des statistiques sur le nombre de bateaux \u00e9trangers \u00e9tant pass\u00e9s dans ces ports en 2015.<\/p>\n<p>La trame g\u00e9n\u00e9rale qui en r\u00e9sulte a \u00e9t\u00e9 remplie par les chiffres obtenus pour les destinations les plus populaires parmi les navigateurs de grande croisi\u00e8re, ainsi que pour certains endroits les moins visit\u00e9s du monde.<\/p>\n<h2>Oc\u00e9an Atlantique<\/h2>\n<p>Le port de Las Palmas aux Canaries est celui qui affiche la plus grande concentration au monde de bateaux se pr\u00e9parant \u00e0 une travers\u00e9e oc\u00e9anique, la majorit\u00e9 des bateaux partant de l\u00e0 pour traverser l\u2019Atlantique vers les Cara\u00efbes.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-1.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Le port de Las Palmas \u00e0 Gran Canaria<\/p><\/div>\n<p>Les autorit\u00e9s portuaires ont enregistr\u00e9 un total de 903 bateaux de passage en 2015, une baisse significative par rapport aux 1495 qui avaient fait escale cinq ans auparavant. Ce nombre moins important peut s\u2019expliquer par le fait que certains bateaux quittent les Canaries depuis d\u2019autres \u00eeles mais, selon Juan Fancisco Martin, directeur commercial du port de Las Palmas, \u2018<em>une tendance graduelle \u00e0 la baisse s\u2019observe ces derni\u00e8res ann\u00e9es et pourrait indiquer une r\u00e9duction globale du nombre de bateaux traversant vers les Cara\u00efbes<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>Approximativement 75% des bateaux qui se sont arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Las Palmas ont continu\u00e9 \u00e0 travers l\u2019Atlantique, auxquels il faut ajouter environ 200 bateaux qui sont partis d\u2019autres \u00eeles des Canaries, certains qui sont partis de Mad\u00e8re ou directement de Gibraltar.<\/p>\n<p>L\u2019archipel du Cap Vert est un point de d\u00e9part de plus en plus populaire. <em>Mindelo Marina<\/em>, sur l\u2019\u00eele de S\u00e3o Vicente, a enregistr\u00e9 un total de 750 bateaux de passage. Lutz Meyer-Scheel, le fondateur et directeur de la marina, reconna\u00eet que : \u2018<em>La plupart prennent \u00e0 partir d\u2019ici la route des Cara\u00efbes, alors que quelques-uns continuent plus au sud vers le Br\u00e9sil ou Cape Town. Situ\u00e9e dans la ceinture des aliz\u00e9s, le Cap Vert est de plus en plus consid\u00e9r\u00e9 comme un meilleur endroit pour s\u2019\u00e9lancer pour une travers\u00e9e de l\u2019Atlantique, qui est aussi beaucoup plus courte en partant d\u2019ici<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>En extrapolant \u00e0 partir des chiffres obtenus pour le Cap Vert, les Canaries, et Mad\u00e8re, on peut supposer qu\u2019environ 1200 bateaux traversent l\u2019Atlantique par la route des aliz\u00e9s de nord-est chaque ann\u00e9e. Ceci indique une baisse significative par rapport \u00e0 l\u2019estimation de 1500 bateaux bas\u00e9e sur les chiffres obtenus des m\u00eames sources en 2010.<\/p>\n<p>M\u00eame si les chiffres \u00e0 Las Palmas \u00e9taient inf\u00e9rieurs, les nationalit\u00e9s des navigateurs sont demeur\u00e9es quasiment inchang\u00e9es par rapport aux derni\u00e8res ann\u00e9es, les bateaux fran\u00e7ais \u00e9tant en t\u00eate (199), suivis par la Grande Bretagne (163), l\u2019Allemagne (98), les USA (62), les Pays-Bas (57), la Su\u00e8de (49), la Belgique (39), la Norv\u00e8ge (31), et les autres. Le tableau des pavillons est le m\u00eame \u00e0 Mindelo.<\/p>\n<p>La plupart des bateaux europ\u00e9ens naviguant vers les Cara\u00efbes accomplissent en g\u00e9n\u00e9ral un circuit en Atlantique en traversant des Canaries aux Cara\u00efbes apr\u00e8s mi-novembre et en revenant l\u2019ann\u00e9e suivante en mai ou juin par les A\u00e7ores, directement ou via les Bermudes.<\/p>\n<p>Le plus \u00e0 l\u2019ouest des A\u00e7ores, le port de Lajes sur l\u2019\u00eele de Flores est un atterrissage accueillant apr\u00e8s une longue travers\u00e9e. La petite marina a enregistr\u00e9 184 arriv\u00e9es en 2015, parmi lesquelles 83 venaient de l\u2019est des Cara\u00efbes, 68 des Bermudes, et 31 des USA ou du Canada.<\/p>\n<p>Mais beaucoup plus de bateaux ne se sont pas arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Lajes et sont arriv\u00e9s directement \u00e0 Horta, sur l\u2019\u00eele de Faial, qui reste l\u2019atterrissage pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 d\u2019une travers\u00e9e de l\u2019Atlantique d\u2019ouest en est. Les autorit\u00e9s portuaires conservent des enregistrements d\u00e9taill\u00e9s des bateaux de passage depuis 1985 et ce tr\u00e9sor de donn\u00e9es permet d\u2019extraire une s\u00e9rie de faits int\u00e9ressants sur les bateaux, leurs \u00e9quipiers, et les routes emprunt\u00e9es. Les donn\u00e9es confirment aussi la tendance baissi\u00e8re qui appara\u00eet dans les chiffres de Las Palmas.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-2.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">La marina de Horta aux A\u00e7ores<\/p><\/div>\n<p>La tradition d\u2019hospitalit\u00e9 d\u2019Horta est l\u00e9gendaire, comme peut en t\u00e9moigner chaque marin qui y a pos\u00e9 le pied apr\u00e8s une longue travers\u00e9e. Le tout premier fut Joshua Slocum, accueilli ici en 1895 apr\u00e8s avoir travers\u00e9 l\u2019Atlantique au d\u00e9but de son tour du monde en solitaire. Depuis, Horta est devenue le <em>hub<\/em> de navigation le plus important au monde, tant par le nombre de bateaux de passage que par la multitude de leurs ports d\u2019origine et de destination, du Panama \u00e0 l\u2019Islande, de Cape Town au Groenland.<\/p>\n<p>M\u00eame si le nombre total de bateaux (1232) qui se sont enregistr\u00e9s \u00e0 Horta en 2015 a \u00e9t\u00e9 en fait sup\u00e9rieur \u00e0 celui de 2010 (1098), une analyse plus pouss\u00e9e montre que seulement un peu plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux entreprenaient un plus grand voyage. Combin\u00e9es aux chiffres de Lajes, les donn\u00e9es confirment que la majorit\u00e9 des bateaux ayant travers\u00e9 des Cara\u00efbes vers l\u2019Europe l\u2019ont fait directement vers les A\u00e7ores, beaucoup moins faisant le d\u00e9tour par les Bermudes que par le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es obtenues de Horta ont reconfirm\u00e9 la pr\u00e9dominance des voiliers fran\u00e7ais. Parmi les 1232 visiteurs, 358 \u00e9taient sous pavillon fran\u00e7ais, 143 du Royaume-Uni, 94 d\u2019Allemagne, 77 des Pays-Bas, 59 des USA, suivis par un nombre surprenant de pavillons belges, et d\u2019autres. Le nombre \u00e9lev\u00e9 de bateaux sous pavillon belge s&#8217;explique par le nombre de propri\u00e9taires d&#8217;autres pays de l&#8217;Union Europ\u00e9enne\u00a0qui enregistrent leurs yachts en Belgique pour profiter des r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 moins rigoureuses.<\/p>\n<p>Si Horta a d\u00e9pass\u00e9 les Bermudes en terme de nombre de bateaux de passage, les Bermudes continuent d\u2019\u00eatre un point de transit important pour les bateaux nord-am\u00e9ricains naviguant entre le continent et les Cara\u00efbes ou l\u2019Europe, ainsi que pour les bateaux rentrant des Cara\u00efbes soit vers la c\u00f4te est des USA ou vers l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Le total des bateaux ayant fait escale aux Bermudes en 2015 a \u00e9t\u00e9 de 732, confirmant un d\u00e9clin notable depuis 2000. Ceci est principalement d\u00fb au grand nombre de bateaux am\u00e9ricains qui \u00e9vitent dor\u00e9navant les Bermudes et naviguent directement vers les Cara\u00efbes orientales. La situation s\u2019inverse en mai et juin, o\u00f9 beaucoup plus de bateaux rentrant sur le continent am\u00e9ricain s\u2019arr\u00eatent aux Bermudes. Un autre raison de la r\u00e9duction globale du nombre de visiteurs aux Bermudes est que beaucoup plus de bateaux europ\u00e9ens vont maintenant directement des Cara\u00efbes aux A\u00e7ores.<\/p>\n<p>Plus de la moiti\u00e9 des bateaux arrivant aux Cara\u00efbes d\u2019Europe ou d\u2019Am\u00e9rique y passaient au moins une saison enti\u00e8re, mais ces derni\u00e8res ann\u00e9es les pr\u00e9occupations li\u00e9es au changement climatique ont accru significativement le nombre de navigateurs pr\u00e9f\u00e9rant se limiter \u00e0 un circuit d\u2019un an, que ce soit \u00e0 partir de l\u2019Europe ou d\u2019Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>Ceux qui d\u00e9cident de rester plus longtemps dans les Cara\u00efbes sortent en g\u00e9n\u00e9ral leur bateau de l\u2019eau dans un endroit s\u00fbr pendant la saison des cyclones. L\u2019\u00eele de Trinidad a d\u00e9velopp\u00e9 plusieurs chantiers dans ce but, et 1015 bateaux y ont pass\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, ce qui montre une diminution significative par rapport aux 2664 de 2000 et aux 1367 de 2010.<\/p>\n<p>Selon Donald Stollmeyer, pr\u00e9sident de la <em>Yacht Services Association of Trinidad and Tobago<\/em>, \u2018<em>L\u2019explication est le d\u00e9clin graduel du nombre de navigateurs qui sont pr\u00eats \u00e0 laisser leur bateau sous les tropiques pendant la saison des cyclones, mais aussi les probl\u00e8mes locaux comme l\u2019augmentation de la criminalit\u00e9, les incidents de piraterie entre Grenade et Trinidad, les formalit\u00e9s de douane et d\u2019immigration archa\u00efques, et bien d\u2019autres.<\/em>\u2019<\/p>\n<p>Le nombre total de bateaux ayant pass\u00e9 la saison d\u2019hiver en croisi\u00e8re aux Cara\u00efbes est rest\u00e9 relativement stable ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mais un pays, Cuba, a connu une augmentation significative.<\/p>\n<p>Ses ports principaux et ses marinas ont enregistr\u00e9 en 2015 un total de 1256 bateaux \u00e0 voile ou \u00e0 moteur sous pavillon \u00e9tranger. Comme plusieurs d\u2019entre eux se sont enregistr\u00e9s dans plus d\u2019un port, le nombre r\u00e9el de bateaux est plus probablement plus proche de 500.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, c\u2019est une augmentation marqu\u00e9e car la fr\u00e9quentation a doubl\u00e9 par rapport \u00e0 2010 et cela indique une tendance qui va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer maintenant avec la normalisation des relations avec les Etats-Unis. Selon le Commodore Jos\u00e9 Miguel Escrich du <em>Hemingway International Yacht Club de Cuba<\/em>, \u2018<em>A l\u2019\u00e9t\u00e9 2016 les chiffres de 2015 ont encore doubl\u00e9, t\u00e9moignant un afflux r\u00e9gulier de visiteurs des Etats-Unis. Nous sommes si heureux de pouvoir accueillir tous ceux qui adorent la mer et de leur offrir notre amiti\u00e9\u2019<\/em>.<\/p>\n<p>Alors que la croisi\u00e8re dans les eaux chaudes est rest\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement stable \u00e0 un niveau global, la navigation en eaux froides pourrait devenir plus populaire avec les navigateurs cherchant des destinations plus difficiles.<\/p>\n<p>Le Spitzberg et le Groenland sont maintenant deux destinations de haute latitude r\u00e9guli\u00e8rement visit\u00e9es par des voiliers de croisi\u00e8re. La premi\u00e8re a vu une petite augmentation par rapport \u00e0 2010, mais le Groenland est destin\u00e9 \u00e0 devenir plus fr\u00e9quent\u00e9 \u00e0 la fois comme une destination de croisi\u00e8re attractive \u00e0 part enti\u00e8re et comme une base pour pr\u00e9parer le transit du Passage du Nord-Ouest, devenu plus accessible avec le changement climatique. Une estimation donne 32 bateaux en escale \u00e0 Nuuk, capitale du Groenland, en 2015, la plupart limitant leur croisi\u00e8re \u00e0 la spectaculaire c\u00f4te ouest.<\/p>\n<p>Les plus intr\u00e9pides sont partis vers l\u2019ouest pour relever le d\u00e9fi du Passage du Nord-Ouest, huit d\u2019entre eux r\u00e9ussissant \u00e0 accomplir le transit de ce difficile raccourci vers le Pacifique. Trois autres bateaux l\u2019ont accompli d\u2019ouest en est, parmi lesquels mon propre <em>Aventura<\/em>, le 87\u00e8me voilier \u00e0 r\u00e9aliser cet exploit sans assistance.<\/p>\n<p>A l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an Atlantique, les voyages en Antarctique ont connu un remarquable d\u00e9clin, de 32 bateaux en 2010 \u00e0 seulement 18 en 2015, parmi lesquels 8 voiliers, trois yachts \u00e0 moteur, les sept autres bateaux faisant du charter.<\/p>\n<p>Le port argentin anim\u00e9 d\u2019Ushuaia, \u00e0 la pointe de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, voit les bateaux qui se pr\u00e9parent et approvisionnent avant de descendre en Antarctique ou de monter au nord par les canaux chiliens. Les 64 arriv\u00e9es de 2015 \u00e9taient inf\u00e9rieures aux 83 de 2010 ou au pic de 2000 avec 105 bateaux.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-3.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Le spectaculaire fjordland chilien<\/p><\/div>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Canal Beagle se trouve Puerto Williams, poste avanc\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e chilienne et village le plus au sud de la plan\u00e8te. Le petit port n\u2019est qu\u2019\u00e0 une courte distance du Cap Horn et les autorit\u00e9s chiliennes ont la juridiction sur cette zone qui inclut la p\u00e9ninsule antarctique ainsi que des parties de la Terre de Feu. Tout bateau pr\u00e9voyant de naviguer dans cette r\u00e9gion doit faire les formalit\u00e9s ici.<\/p>\n<p>Les mouvements de tous les bateaux sont surveill\u00e9s par la marine chilienne et les chiffres montrent que 2015 a \u00e9t\u00e9 une ann\u00e9e fr\u00e9quent\u00e9e avec un total de 283 bateaux, mais bien en dessous des 505 compt\u00e9s cinq ans auparavant. Le chiffre pr\u00e9c\u00e9dent incluant plusieurs visites r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, le total r\u00e9el de visiteurs a \u00e9t\u00e9 de 140. Skip Novak, qui travaille dans ces eaux depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, ne se montre pas optimiste pour le futur : \u2018<em>Le gouvernement chilien a interdit tous les bateaux de charter \u00e9trangers sur les circuits du Cap Horn et du Canal Beagle. Nous essayons de trouver une solution pour le futur, mais ce ne sera pas facile<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>De Puerto Williams et Ushuaia la plupart des bateaux partent au nord pour la spectaculaire r\u00e9gion des fjords du sud chilien et continuent leur voyage vers l\u2019ouest et le Pacifique Sud, incluant l\u2019escale \u00e0 l\u2019\u00eele de P\u00e2ques que peu de bateaux manquent. Du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, la plupart des bateaux se dirigeant vers le sud de l\u2019Atlantique depuis la Terre de Feu et le Canal Beagle font escale \u00e0 Port Stanley aux Falklands, qui a vu 29 bateaux en 2015.<\/p>\n<p>De l\u00e0, les routes divergent et font soi le tour du continent sud-am\u00e9ricain, soit continuent non-stop vers Saint H\u00e9l\u00e8ne ou Cape Town.<\/p>\n<p>Ces deux destinations ont connu une augmentation du nombre de visiteurs en bateau, initialement due au risque de piraterie dans le nord de l\u2019Oc\u00e9an Indien, r\u00e9cemment remplac\u00e9 par le risque de s\u00e9curit\u00e9 engendr\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9 au Moyen-Orient, du Yemen au Canal de Suez et \u00e0 travers toute le Mer Rouge. Compar\u00e9 \u00e0 2010, o\u00f9 171 bateaux ont franchi le canal, leur nombre s\u2019est r\u00e9duit \u00e0 19 en 2015, dont seulement 14 vers le nord. Selon Ashraf Sukar de l\u2019agence <em>Prince of the Red Sea<\/em> : \u2018<em>Neuf venaient de l\u2019\u00e9tranger effectuant un tour du monde, deux du Golfe Persique et cinq retournaient en M\u00e9diterran\u00e9e venant d\u2019un port de la Mer Rouge<\/em>.\u2019<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-4.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Transport de yachts par un bateau de la soci\u00e9t\u00e9 Sevenstar<\/p><\/div>\n<p>La cons\u00e9quence des dangers d\u2019une navigation dans l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord, tous les navigateurs effectuant un voyage autour du monde vers l\u2019ouest ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 quatre options : courir le risque d\u2019une travers\u00e9e de la Mer Rouge, exp\u00e9dier le bateau par cargo d\u2019Asie du Sud-Est vers la M\u00e9diterran\u00e9e, continuer le voyage par l\u2019Afrique du Sud, ou abandonner compl\u00e8tement la travers\u00e9e de l\u2019Oc\u00e9an Indien.<\/p>\n<p>Ceux, peu nombreux, qui ont choisi la premi\u00e8re option en 2015 ont \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s audacieux et, la situation dans cette r\u00e9gion du monde \u00e9tant toujours extr\u00eamement instable, une telle navigation ne devrait pas \u00eatre entreprise tant qu\u2019aucun signe tangible d\u2019am\u00e9lioration n\u2019est observ\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 <em>Sevenstar<\/em> a exp\u00e9di\u00e9 25 bateaux d\u2019Asie du Sud-Est vers la Turquie en 2015, et continue d\u2019offrir ses services \u00e0 ceux qui ne sont pas rebut\u00e9s par le cout \u00e9lev\u00e9 de l\u2019op\u00e9ration. Avec un bon planning, la route par le Cap de Bonne Esp\u00e9rance ne devrait pas pr\u00e9senter de gros probl\u00e8mes, et offre l\u2019attrait suppl\u00e9mentaire de plusieurs escales int\u00e9ressantes en chemin, la meilleure \u00e9tant sans aucun doute l\u2019Afrique du Sud elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Tous les bateaux quittant l\u2019Afrique du Sud doivent maintenant venir s\u2019amarrer au <em>Royal Cape Yacht Club<\/em> avant leur d\u00e9part, ce qui rend l\u2019obtention de leurs informations assez facile. Compar\u00e9 \u00e0 2010, l\u2019augmentation \u00e9tait vraiment remarquable avec un total de 358 bateaux de grand voyage s\u2019arr\u00eatant ici, 236 en route vers l\u2019Atlantique, les autres vers l\u2019Oc\u00e9an Indien.<\/p>\n<p>Les chiffres des bateaux allant vers le nord sont corrobor\u00e9s par les statistiques de Sainte H\u00e9l\u00e8ne, qui, avec 196 arriv\u00e9es montre une augmentation nette, bien que modeste. Saint H\u00e9l\u00e8ne est une escale si importante en Atlantique Sud que, \u00e0 l\u2019exception d\u2019une poign\u00e9e de bateaux allant directement de Cape Town vers l\u2019Argentine ou le Br\u00e9sil, pratiquement aucun bateau effectuant un tour du monde ne manquerait cet arr\u00eat. C\u2019est pourquoi il \u00e9tait int\u00e9ressant de remarquer que les bateaux britanniques \u00e9taient les plus nombreux (30), avant ceux d\u2019Afrique du Sud (29), des USA (26), de France (24), d\u2019Allemagne (16), d\u2019Australie (11), du Canada (9), des Pays-Bas (6) et les autres.<\/p>\n<p>De Saint H\u00e9l\u00e8ne, la destination la plus commune \u00e9tait le continent sud-am\u00e9ricain (38%), suivi par l\u2019\u00eele Ascension (31%), les Cara\u00efbes (17%) et le Cap Vert (6%).<\/p>\n<p>Les ports br\u00e9siliens, tels que l\u2019ancienne capitale Salvador da Bahia, \u00e9taient auparavant les destinations favorites sur le continent, mais la d\u00e9t\u00e9rioration de la s\u00e9curit\u00e9 au Br\u00e9sil coupl\u00e9e \u00e0 l\u2019attitude peu accueillante des autorit\u00e9s a conduit \u00e0 une r\u00e9duction drastique du nombre de bateaux de croisi\u00e8re. Sandoval Matos, le directeur de <em>Marina Pier Salvador<\/em>, en d\u00e9crit les raisons principals : \u2018<em>La police f\u00e9d\u00e9rale br\u00e9silienne ne renouvelle plus les visas pour les citoyens europ\u00e9ens, d\u00e9clarant appliquer un principe de r\u00e9ciprocit\u00e9. De violents incidents impliquant des visiteurs \u00e9trangers ont exacerb\u00e9 cette situation en donnant au Br\u00e9sil une mauvaise r\u00e9putation, le nombre de visiteurs chutant de 20% par rapport \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de ce contexte, <em>Marina Jacar\u00e9<\/em>, pr\u00e8s de la ville de Cabedelo, et g\u00e9r\u00e9e par deux expatri\u00e9s fran\u00e7ais a r\u00e9ussi tant bien que mal \u00e0 rester une oasis de tranquillit\u00e9 avec 81 visiteurs en 2015. Sans surprise, le contingent de bateaux fran\u00e7ais \u00e9tait le plus important (38), suivi par le Royaume-Uni (8), l\u2019Allemagne (6), la Belgique (5), les USA (4), et quelques autres pays. La plupart des bateaux europ\u00e9ens se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre en train d\u2019effectuer un p\u00e9riple d\u2019un an en cong\u00e9 sabbatique, pratiquement tous pr\u00e9voyant de remonter vers les Cara\u00efbes avant de rentrer \u00e0 la maison, et seulement quatre ayant l\u2019intention de naviguer vers le sud.<\/p>\n<h2>Oc\u00e9an Pacifique<\/h2>\n<p>Le Canal de Panama est l\u2019indicateur le plus pertinent des mouvements de bateaux \u00e0 la fois entre l\u2019Atlantique et le Pacifique et au niveau global, et les derniers chiffres montrent que l\u2019augmentation r\u00e9guli\u00e8re du nombre de transits par des bateaux de plaisance a sans doute connu un pic en 2010 quand 1177 bateaux ont emprunt\u00e9 le canal, compar\u00e9s aux 1079 de 2015 (725 vers le Pacifique, et 354 vers l\u2019Atlantique). En revanche, les destinations dans le Pacifique apr\u00e8s le transit sont rest\u00e9es pratiquement les m\u00eames, avec les deux tiers des bateaux virant au nord vers la c\u00f4te ouest de l\u2019Am\u00e9rique Centrale et du Nord, le reste se dirigeant vers le Pacifique Sud.<\/p>\n<p>Les restrictions appliqu\u00e9es aux bateaux visitant les Galapagos sont toujours en vigueur, mais depuis que l\u2019utilisation d\u2019un agent pour s\u2019occuper des formalit\u00e9s est devenue obligatoire, les formalit\u00e9s d\u2019entr\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 rationalis\u00e9es, mais \u00e0 un co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Les bateaux de passage obtiennent maintenant des s\u00e9jours allant jusqu\u2019\u00e0 vingt jours par les capitaines des ports des deux ports officiels d\u2019entr\u00e9e : Baquerizo Moreno et Puerto Ayora.<\/p>\n<p>Tout comme au Panama, le record de 395 arriv\u00e9es en 2010 est tomb\u00e9 en 2015 \u00e0 280 bateaux, certains navigateurs \u00e9tant de toute \u00e9vidence dissuad\u00e9s par la complexit\u00e9 des formalit\u00e9s et les d\u00e9penses qui vont avec.<\/p>\n<p>C\u2019est sans aucun doute la raison pour laquelle de nombreux navigateurs ne pr\u00e9voient plus de faire escale aux Galapagos et pr\u00e9f\u00e8rent une autre route vers la Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-5.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">\u00cele de P\u00e2ques<\/p><\/div>\n<p>Pour ceux qui sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 \u00e9viter les Galapagos, l\u2019option logique est de naviguer directement du Panama aux Marquises. Une alternative un peu plus longue mais potentiellement plus attractive est de faire un d\u00e9tour par l\u2019\u00eele de P\u00e2ques et de continuer de l\u00e0 par Pitcairn vers la Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le fait que le nombre de bateaux s\u2019arr\u00eatant \u00e0 l\u2019avant-poste polyn\u00e9sien de l\u2019\u00eele de P\u00e2ques a presque doubl\u00e9 dans les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es d\u00e9montre probablement l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette option. Selon Ricardo Astudillo Duran, capitaine du port de Hanga Roa, \u2018<em>Compar\u00e9 aux 44 bateaux qui se sont arr\u00eat\u00e9s ici en 2010, nous avons accueilli un record de 79 bateaux en 2015<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>L\u2019attraction grandissante de cette route du sud est aussi d\u00e9montr\u00e9e par le fait que 70 bateaux se sont arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Mangareva, le point d\u2019entr\u00e9e le plus au sud-est de le Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise. Parmi ceux-ci, 14 se sont arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Pitcairn, l\u2019\u00eele l\u00e9gendaire ayant servi de retraite secr\u00e8te aux mutins du Bounty, dont les descendants vivent encore aujourd\u2019hui sur ce petit grain de poussi\u00e8re \u00e9loign\u00e9 de tout.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-6.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Fatu Hiva aux Marquises<\/p><\/div>\n<p>L\u2019atterrissage aux Marquises spectaculaires \u00e0 l\u2019issue d\u2019une travers\u00e9e de 3000 milles est une exp\u00e9rience \u00e9difiante qu\u2019aucun navigateur ne peut oublier, ni manquer. En 2015, 397 bateaux y sont arriv\u00e9s, pour la plupart \u00e0 Atuona sur l\u2019\u00eele de Hiva Oa. Le nombre total de bateaux arriv\u00e9s en Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise \u00e9tait de 556, incluant 11 bateaux arriv\u00e9s par les Iles Australes en provenance de Nouvelle Z\u00e9lande. Le nombre d\u2019arriv\u00e9es en 2015 montre un d\u00e9clin important par rapport au record de 826 observ\u00e9 pour 2010.<\/p>\n<p>Les plus nombreux venaient des USA (143), puis de France (90), Royaume Uni (66), Australie (43), Nouvelle Z\u00e9lande (39), Allemagne (6), Canada (23), Pays-Bas (22), Suisse (15), Belgique (12), Norv\u00e8ge (6), Italie (5), et quelques autres nations.<\/p>\n<p>Les bateaux qui traversent le Canal de Panama et se dirigent vers le Pacifique Sud sont rejoints aux Marquises et \u00e0 Tahiti par les bateaux venant du Mexique, de la c\u00f4te ouest des Etats-Unis ou du Canada, et de Hawa\u00ef. En 2015, 166 bateaux am\u00e9ricains et canadiens sont arriv\u00e9s en Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise, mais alors que par le pass\u00e9 beaucoup continuaient pour un tour du monde, ou naviguaient au moins jusqu\u2019en Nouvelle Z\u00e9lande avant de faire demi-tour, environ la moiti\u00e9 des bateaux nord-am\u00e9ricains remontent vers le nord \u00e0 partir de Tahiti et rentrent chez eux.<\/p>\n<p>En naviguant vers l\u2019ouest apr\u00e8s Tahiti, on peut effectuer plusieurs d\u00e9tours par rapport \u00e0 la route principale, comme par exemple par l\u2019atoll rarement visit\u00e9 de Palmerston, qui a vu passer 71 bateaux. Un autre endroit tr\u00e8s populaire aux \u00eeles Cook est Suwarrow, un atoll non habit\u00e9 o\u00f9 un gardien est bas\u00e9 pendant le pic de la saison des arriv\u00e9es et qui a accueilli un total de 69 bateaux. Au total 209 bateaux sont arriv\u00e9s dans l\u2019ensemble des \u00eeles Cook. Dans le royaume de Tonga voisin, l\u2019\u00eele principale de Tongatapu a encore une fois \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9e par l\u2019archipel plus au nord de Vava\u2019u. Cet endroit appr\u00e9ci\u00e9 depuis longtemps par les navigateurs qui \u00e9cument les mers du sud a accueilli 424 arriv\u00e9es.<\/p>\n<p>Tous ces endroits sont assez proches de la principale route transpacifique et n\u2019impliquent pas un grand d\u00e9tour, et c\u2019est ce qui peut expliquer le fait que seulement 3 bateaux aient fait escale \u00e0 Tokelau, et 6 \u00e0 Tuvalu, deux petites communaut\u00e9s polyn\u00e9siennes qui auraient justifi\u00e9 l\u2019effort de s\u2019y arr\u00eater pour les saluer, surtout parce qu\u2019elles vont toutes les deux probablement \u00eatre les premi\u00e8res victimes de la mont\u00e9e du niveau de la mer caus\u00e9e par le changement climatique.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir atteint Tonga ou Fiji, la plupart des bateaux de croisi\u00e8re quittent les tropiques et naviguent vers la Nouvelle Z\u00e9lande ou l\u2019Australie. Bien que les ports du Queensland du Sud et de la Nouvelle-Galles du Sud attirent de plus en plus de bateaux, la Nouvelle Z\u00e9lande continue d\u2019\u00eatre la destination favorite. Ceci est illustr\u00e9 par les 669 arriv\u00e9es en Nouvelle Z\u00e9lande, dont la majorit\u00e9 atterrit \u00e0 Opua dans la Baie des Iles, fin octobre et d\u00e9but novembre \u00e9tant la p\u00e9riode la plus charg\u00e9e. Sur ce total, 491 \u00e9taient des pavillons \u00e9trangers : USA (102), Royaume-Uni (70), Australie (65), Allemagne (32), France (30), Canada (22), Pays-Bas (15), Italie, Suisse et Belgique avec 7 chacun, suivis de 37 autres nationalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019en Nouvelle Z\u00e9lande les chiffres semblent \u00eatre rest\u00e9s stables, en Australie le nombre de bateaux \u00e9trangers est tomb\u00e9 de 459 en 2010 \u00e0 361 en 2015. La situation \u00e9tait similaire en Nouvelle-Cal\u00e9donie voisine, avec 328 arriv\u00e9es contre 415 cinq ans avant.<\/p>\n<p>Les chiffres enregistr\u00e9s le long de la route principale du Pacifique Sud montrent un certain d\u00e9clin du nombre total de bateaux de croisi\u00e8re et cette tendance se refl\u00e8te maintenant au niveau mondial.<\/p>\n<p>Alors que le Pacifique Sud continue \u00e0 attirer la plupart des bateaux qui font un voyage autour du monde, la situation dans le Pacifique Nord est rest\u00e9e quasiment inchang\u00e9e par rapport \u00e0 2010, malgr\u00e9 un d\u00e9clin consid\u00e9rable du nombre de visiteurs \u00e9trangers dans l\u2019ouest du Pacifique Nord.<\/p>\n<p>C\u2019est la premi\u00e8re r\u00e9gion du monde qui souffre des cons\u00e9quences du changement climatique sur une large \u00e9chelle, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e9tant affect\u00e9es de mani\u00e8re notable par le r\u00e9chauffement des oc\u00e9ans. Les plus affect\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 les Philippines, frapp\u00e9es par un cyclone tropical chaque mois de l\u2019ann\u00e9e. On ne peut plus compter sur une saison s\u00fbre bien d\u00e9finie. Il apparait maintenant qu\u2019une tendance similaire affecte toute la Micron\u00e9sie, qui a subi 27 cyclones tropicaux en 2015.<\/p>\n<p>Hawa\u00ef, bien que rarement affect\u00e9 par les temp\u00eates tropicales et b\u00e9n\u00e9ficiant de bonnes conditions toute l\u2019ann\u00e9e, ne re\u00e7oit que rarement la visite de bateaux \u00e9trangers. C\u2019est probablement la raison pour laquelle les autorit\u00e9s ne conservent pas d\u2019enregistrements, et la meilleure estimation donne un chiffre de 30 bateaux \u00e9trangers en escale dans l\u2019archipel en 2015. En fait, Hawa\u00ef attire de nombreux bateaux am\u00e9ricains et est visit\u00e9e chaque ann\u00e9e par 200 \u00e0 250 bateaux, de croisi\u00e8re ou de course. Certains naviguent ensuite vers la Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise et quelques-uns vont plus \u00e0 l\u2019ouest vers la Micron\u00e9sie et le continent asiatique. Certains d\u2019entre eux \u00e9taient parmi les 37 arriv\u00e9es aux Iles Marshall, chiffre qui donne une bonne estimation du nombre approximatif de bateaux faisant escale dans les \u00eeles de Micron\u00e9sie en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit des conditions m\u00e9t\u00e9o incertaines mentionn\u00e9es plus haut, les Philippines continuent d\u2019attirer des bateaux de passage, mais la plupart se limitent \u00e0 la partie sud qui est rarement concern\u00e9e par les temp\u00eates tropicales.<\/p>\n<p>Sur le continent asiatique, l\u2019explosion attendue du nombre de bateaux de plaisance ne s\u2019est pas mat\u00e9rialis\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent et les estimations de Hong Kong montrent en fait un d\u00e9clin par rapport \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tude. Ce commentaire d\u2019un tr\u00e8s ancien membre du <em>Royal Hong Kong Yacht Club<\/em> en indique la raison : \u2018<em>Le nouveau style &#8220;continent&#8221; de la bureaucratie \u00e0 Hong Kong&#8217;s a pas mal r\u00e9prim\u00e9 les envies des bateaux de passage car ils ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 naviguer dans les eaux de Hong Kong sans une licence de capitaine de Hong Kong<\/em>.\u2019 Il n\u2019y a pas eu beaucoup de mouvements en Chine non plus, o\u00f9 les formalit\u00e9s pour les bateaux visiteurs continuent d\u2019\u00eatre compliqu\u00e9es et ch\u00e8res.<\/p>\n<p>Un petit nombre de bateaux de croisi\u00e8re vont jusqu\u2019au Japon chaque ann\u00e9e, avec une estimation de 20 bateaux pass\u00e9s par Osaka en 2015. Dix d\u2019entre eux ont p\u00fb \u00eatre suivis dans leur p\u00e9riple vers l\u2019est, certains s\u2019arr\u00eatant \u00e0 Dutch Harbor sur leur route vers le Canada ou la c\u00f4te ouest des USA.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-7.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Dutch Harbor Marina<\/p><\/div>\n<p>Ce port de p\u00eache plein d\u2019activit\u00e9 sur la bordure ouest des Iles Al\u00e9outiennes a connu un record de 23 visites de bateaux de croisi\u00e8re en 2015. Ces possibilit\u00e9s pour l\u2019approvisionnement et les r\u00e9parations sont excellentes et c\u2019est une bonne base pour ceux qui veulent pr\u00e9parer le bateau en vue d\u2019un transit vers l\u2019est du Passage du Nord-Ouest.<\/p>\n<h2>Oc\u00e9an Indien<\/h2>\n<p>A cause de la s\u00e9rieuse menace de piraterie dans l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord, 2010 \u00e9tait la premi\u00e8re ann\u00e9e o\u00f9 le nombre de bateaux en tour du monde ont \u00e9t\u00e9 plus nombreux \u00e0 passer par le Cap de Bonne Esp\u00e9rance que par l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord, la Mer Rouge et le Canal de Suez.<\/p>\n<p>Cette tendance a continu\u00e9 pendant les cinq ann\u00e9es suivantes, tr\u00e8s peu de navigateurs prenant le risque de rejoindre la M\u00e9diterran\u00e9e par cette route. Cependant, gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une force navale internationale dans le Nord de l\u2019Oc\u00e9an Indien, la menace que repr\u00e9sentaient les pirates somaliens a \u00e9t\u00e9 pratiquement \u00e9limin\u00e9e. La cons\u00e9quence est que 2015 a vu le premier bateau de croisi\u00e8re braver le danger de cette route du nord, et que 14 bateaux au total sont arriv\u00e9s \u00e0 Suez venant de l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord. Bien que ces bateaux aient travers\u00e9 sans encombre la zone critique du Golfe d\u2019Aden et de la Mer Rouge, il faut insister sur le fait que cette zone de navigation reste potentiellement dangereuse.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, il y a eu une diminution notable du nombre de bateaux en grand voyage autour du monde en Asie du Sud-Est car beaucoup \u00e9vitent compl\u00e8tement l\u2019Oc\u00e9an Indien Nord. Par contraste, il y a toujours une bonne fr\u00e9quentation de la c\u00f4te de Malaisie Occidentale et de Tha\u00eflande, avec plus de bateaux locaux et r\u00e9gionaux, de course et de croisi\u00e8re, qui participent aux r\u00e9gates organis\u00e9es pendant la saison d\u2019hiver. Les autorit\u00e9s portuaires de Singapour ont enregistr\u00e9 plus de 200 bateaux battant pavillon \u00e9tranger en escale en 2015, les chiffres obtenus de Phuket confirmant une augmentation des visiteurs venant des pays voisins.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s peu de navigateurs prenant le risque de rejoindre la M\u00e9diterran\u00e9e via le nord de l\u2019Oc\u00e9an Indien et la Mer Rouge, la seule option raisonnable est de changer d\u2019h\u00e9misph\u00e8re en piquant au sud. Galle, sur la c\u00f4te sud du Sri Lanka, est un port pratique o\u00f9 98 arriv\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es en 2015. Certains ont fait un d\u00e9tour vers Cochin dans le sud de l\u2019Inde, mais peu de bateaux ont pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 sur une route plus \u00e0 l\u2019ouest, \u00e0 l\u2019exception des 14 bateaux qui ont atteint Suez. Parmi eux, douze faisait un tour du monde commenc\u00e9 en Australie ou en Nouvelle-Z\u00e9lande, et les deux autres \u00e9taient partis de ports situ\u00e9s dans la r\u00e9gion du Golfe Persique.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que d\u2019affronter le d\u00e9fi d\u2019une travers\u00e9e vers et autour de l\u2019Afrique du Sud, beaucoup d\u2019Australiens et de N\u00e9o-Z\u00e9landais ach\u00e8tent maintenant un bateau en Europe, des catamarans pour la plupart, et naviguent vers leur pays par le Canal de Panama, \u00e9vitant l\u2019Oc\u00e9an Indien et accomplissant ainsi un demi-tour du monde pratique et en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019inverse, certains navigateurs fran\u00e7ais quittent leur pays en bateau, s\u2019arr\u00eatent dans plusieurs territoires fran\u00e7ais aux Cara\u00efbes et dans le Pacifique Sud, avant de finir leur p\u00e9riple en Nouvelle-Cal\u00e9donie o\u00f9 ils vendent leur bateau et rentrent \u00e0 la maison apr\u00e8s avoir accompli la moiti\u00e9 d\u2019un tour du monde similaire.<\/p>\n<p>Il est estim\u00e9 qu\u2019environ 200 bateaux traversent le d\u00e9troit de Torres chaque ann\u00e9e. Certains de ceux qui se dirigent directement vers l\u2019Oc\u00e9an Indien Sud s\u2019arr\u00eatent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 Darwin dans le nord de l\u2019Australie, qui a vu 72 arriv\u00e9es en 2015. L\u2019autre option est une navigation \u00e0 travers l\u2019archipel indon\u00e9sien et 236 visiteurs \u00e9trangers ont obtenu le permis de croisi\u00e8re n\u00e9cessaire d\u00e9livr\u00e9 par le Minist\u00e8re indon\u00e9sien des Affaires Etrang\u00e8res. Cette obligation a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e en 2016, dans l\u2019intention d\u2019attirer plus de visiteurs dans ce qui continue d\u2019\u00eatre l\u2019un des bassins de croisi\u00e8re le plus int\u00e9ressant et le plus diversifi\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>En allant vers l\u2019ouest depuis Darwin ou l\u2019Indon\u00e9sie, le post avanc\u00e9 australien des Cocos Keeling est toujours aussi populaire avec 99 visiteurs en 2015. Parmi eux, 29 \u00e9tait du Royaume-Uni, 17 des USA, 14 de France, 9 d\u2019Allemagne, 8 d\u2019Australie, 5 des Pays-Bas, 3 de Su\u00e8de, et de quelques autres nations.<\/p>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-8.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Cocos Keeling<\/p><\/div>\n<p>Des Cocos Keeling, la route de l\u2019ouest se s\u00e9pare en une branche sud vers Rodrigues et Maurice, et une branche nord allant aux Chagos (Territoire Britannique de l\u2019Oc\u00e9an Indien). Cette derni\u00e8re a enregistr\u00e9 48 arriv\u00e9es, une r\u00e9duction significative par rapport aux 105 cinq ans plus t\u00f4t : les autorit\u00e9s britanniques qui administrent ce territoire limitent dor\u00e9navant la d\u00e9livrance du permis obligatoire \u00e0 ceux qui peuvent justifier leur besoin de stopper dans ces \u00eeles, et semblent d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 d\u00e9courager ceux qui ne les consid\u00e8rent que comme un interlude int\u00e9ressant dans leur croisi\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019escale la plus populaire sur la route sud, plus fr\u00e9quent\u00e9e, est Port Louis \u00e0 Maurice, avec 281 bateaux enregistr\u00e9s, une augmentation importante par rapport \u00e0 2010 et une preuve av\u00e9r\u00e9e de la pr\u00e9dominance de la route du Cap de Bonne Esp\u00e9rance dans l\u2019itin\u00e9raire d\u2019un tour du monde. Le contingent le plus important arborait le pavillon de l\u2019Afrique du Sud (67), indiquant un trafic r\u00e9gulier dans les deux sens. Le reste des bateaux semblaient \u00eatre en voyage autour du monde : Royaume-Uni (34), France (29), USA (25), Allemagne (12), Pays-Bas (7), Belgique (4), Italie (3), etc.<\/p>\n<p>Quand elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte en tant que destination de croisi\u00e8re encore non explor\u00e9e, Madagascar \u00e9tait appel\u00e9e \u00e0 devenir une attraction majeure dans l\u2019Oc\u00e9an Indien Sud, mais le manque d\u2019\u00e9quipements, la lourde bureaucratie, et la menace lancinante de piraterie a r\u00e9duit cet espoir \u00e0 n\u00e9ant. Les activit\u00e9s du groupe terroriste Al-Shabaab en Afrique de l\u2019Est et ses attaques contre des complexes touristiques ont engendr\u00e9 un sentiment profond d\u2019incertitude dans cette partie du monde qui s\u2019est \u00e9tendue comme une ombre sur les destinations de croisi\u00e8re voisines, comme le nord de Madagascar, les Seychelles and m\u00eame le Mozambique.<\/p>\n<p>Nosy Be, sur la c\u00f4te nord-ouest de Madagascar est devenue une base modeste mais peu de voyageurs autour du monde font le long d\u00e9tour \u00e0 partir de Maurice ou de la R\u00e9union au-dessus de la pointe de Madagascar. Environ 30 bateaux ont visit\u00e9 la zone de Nosy Be en 2015, la moiti\u00e9 \u00e9tant des bateaux sud-africains faisant un circuit d\u2019une saison.<\/p>\n<p>A l\u2019approche de la nouvelle saison cyclonique, tous les bateaux font route vers le sud. Richards Bay et Durban sont les ports d\u2019atterrissage habituels en Afrique du Sud, les arriv\u00e9es \u00e9tant r\u00e9parties \u00e0 part \u00e9gale entre eux. Au total, 110 bateaux sont arriv\u00e9s \u00e0 Durban en venant du nord en 2015.<\/p>\n<h2>M\u00e9diterran\u00e9e<\/h2>\n<div style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-9.jpg\" width=\"680\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Le port de Marseille<\/p><\/div>\n<p>Certains des changements les plus importants sur le circuit de la croisi\u00e8re autour du monde se sont produits en M\u00e9diterran\u00e9e. Les turbulences politiques au Moyen Orient, la guerre en Syrie et dans les environs, la crise des r\u00e9fugi\u00e9s, ont perturb\u00e9 ou enti\u00e8rement ferm\u00e9 quelques-unes des zones de croisi\u00e8re dans cette mer que l\u2019on appelait autrefois <em>Mare Nostrum<\/em>.<\/p>\n<p>Des endroits qui ont toujours \u00e9t\u00e9 populaires comme les Bal\u00e9ares, la Croatie et la Gr\u00e8ce continuent d\u2019\u00eatre surpeupl\u00e9s pendant l\u2019\u00e9t\u00e9, et m\u00eame en dehors de la haute saison les bateaux de passage ont des difficult\u00e9s \u00e0 trouver des places dans les marinas, ce qui dissuade les visiteurs de venir. L\u2019application plus stricte des r\u00e8gles de Schengen a aussi conduit \u00e0 r\u00e9duire le nombre de navigateurs n\u2019\u00e9tant pas citoyens de l\u2019UE, et notamment ceux des Etats-Unis.<\/p>\n<p>La porte de la M\u00e9diterran\u00e9e, Gibraltar, a enregistr\u00e9 un total de 2472 transits en 2015, un d\u00e9clin substantiel compar\u00e9 \u00e0 2010, et peut-\u00eatre un signe que le nombre de visiteurs en M\u00e9diterran\u00e9e est en train de diminuer, tout comme dans la plupart des zones analys\u00e9es dans cette \u00e9tude.<\/p>\n<h2>Les <em>hubs<\/em> de la grande croisi\u00e8re<\/h2>\n<p>Cette derni\u00e8re \u00e9tude a mis en lumi\u00e8re trois facteurs int\u00e9ressants : le petit nombre d\u2019\u00e9quipiers sur les bateaux en grand voyage, beaucoup naviguant en couple, le nombre de couples avec de jeunes enfants partant en cong\u00e9 sabbatique de plus ou moins longue dur\u00e9e, et la proportion r\u00e9guli\u00e8rement en hausse de catamarans parmi les bateaux de croisi\u00e8re. Ces facteurs sont peut-\u00eatre inter d\u00e9pendants et les donn\u00e9es collect\u00e9es dans certains des <em>hubs<\/em> les plus importants sur les routes de grande croisi\u00e8re tendent \u00e0 le d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9largir le champ de cette \u00e9tude mondiale pour avoir plus d\u2019informations sur les bateaux que leur simple nombre ou pavillon : taille moyenne, nombre d\u2019\u00e9quipiers, et type, monocoque ou catamaran.<\/p>\n<p>Les chiffres obtenus de Panama, des Bermudes et\u00a0de Horta aux A\u00e7ores, ont permis de calculer la longueur moyenne. Pour que le chiffre soit r\u00e9aliste, seuls les bateaux inf\u00e9rieurs \u00e0 60 pieds (18,28m) ont \u00e9t\u00e9 pris en compte car tr\u00e8s peu des plus grands bateaux\u00a0 correspondent \u00e0 la description standard d&#8217;un bateau de croisi\u00e8re.\u00a0Pour les 775 bateaux arriv\u00e9s \u00e0 Horta, la longueur moyenne \u00e9tait de 43,8 pieds (13,36m). La moyenne \u00e0 Tahiti \u00e9tait sup\u00e9rieure, 45,2 pieds (13,77m). La moyenne aux Bermudes pour\u00a0560 bateaux\u00a0 \u00e9tait de\u00a046,9 pieds (14,3m), alors qu\u2019elle \u00e9tait de\u00a045,9 pieds (14m) pour les\u00a0617 bateaux de la m\u00eame cat\u00e9gorie qui ont franchi le Canal de Panama.<\/p>\n<p><span id=\"result_box\" lang=\"fr\">La longueur moyenne pour les 2508 bateaux de moins de 60 pieds arriv\u00e9s aux endroits ci-dessus \u00e9tait de 45,3 pieds. Les r\u00e9sultats ci-dessus incluent les monocoques et les multicoques.<\/span><\/p>\n<p>Le nombre de catamarans en grand voyage augmente r\u00e9guli\u00e8rement et cette \u00e9tude \u00e9tait une bonne occasion pour d\u00e9terminer leur proportion r\u00e9elle parmi les bateaux de croisi\u00e8re. Encore une fois, je me suis r\u00e9f\u00e9r\u00e9 aux statistiques obtenues aux A\u00e7ores et j\u2019ai calcul\u00e9 que 22 des 184 bateaux arriv\u00e9s \u00e0 Lajes \u00e9taient des catamarans (12%), contre 103 pour 775 (13%) \u00e0 Horta. Ce pourcentage augmente \u00e0 17% pour le Canal de Panama (185 sur 1058). Le pourcentage le plus important a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 \u00e0 Noum\u00e9a (Nouvelle-Cal\u00e9donie), avec 61 catamarans sur un total de 328 bateaux. Ceci n\u2019est pas une surprise si on consid\u00e8re le grand nombre de bateaux fran\u00e7ais bas\u00e9s l\u00e0, dont beaucoup de catamarans.<\/p>\n<p>La situation dans certains rallyes confirme cette tendance, avec 17% dans le <em>Blue Planet Odyssey<\/em>, 19% dans le <em>World ARC<\/em>, 14% dans l&#8217;<em>ARC<\/em> (35 of 259), et 17% parmi les 209 bateaux du <em>Pacific Puddle Jump<\/em>. L&#8217;<em>Atlantic Odyssey<\/em> a r\u00e9alis\u00e9 le plus fort pourcentage, avec 11 catamarans parmi les 39 bateaux (28%) de la derni\u00e8re \u00e9dition en 2015.<\/p>\n<p>D\u00e9but 2016, <em>l\u2019Office du Tourisme de Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise<\/em> a men\u00e9 une large \u00e9tude pour \u00e9valuer l\u2019impact des bateaux de plaisance en 2015 sur les communaut\u00e9s vivant sur les diff\u00e9rents archipels. L\u2019\u00e9tude s\u2019est bas\u00e9e sur trois sources : les donn\u00e9es d\u2019entr\u00e9e et de sortie compil\u00e9es par l\u2019immigration, les d\u00e9clarations en douanes faites par chaque bateau, et un questionnaire rempli par 234 capitaines. Les r\u00e9sultats sont tr\u00e8s informatifs car ils donnent une vision unique sur un \u00e9chantillon significatif de donn\u00e9es relatives aux bateaux et navigateurs de grand voyage.<\/p>\n<p>Parmi ceux qui ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s, 43% d\u00e9clarent \u00eatre en train de naviguer autour du monde, 46% autour du Pacifique et 11% n\u2019ont pas de limites \u00e0 leur voyage. En ce qui concerne les \u00e9quipages, 51% des bateaux \u00e9taient seulement men\u00e9s par un couple, 13% avaient un \u00e9quipage de 3, 20% un \u00e9quipage de 4 et 13% avaient un \u00e9quipage plus important, alors que 10% \u00e9taient des navigateurs solitaires.<\/p>\n<p>Des bateaux plus efficaces et mieux \u00e9quip\u00e9s, avec des pilotes automatiques fiables, des winches \u00e9lectriques, des enrouleurs et un bon nombre d\u2019accessoires, tout cela a contribu\u00e9 \u00e0 une diminution globale du nombre d\u2019\u00e9quipiers \u00e0 bord.<\/p>\n<p>Ceci \u00e9tait \u00e9vident dans l\u2019\u00e9chantillon des donn\u00e9es de Sainte H\u00e9l\u00e8ne, avec une moyenne de 3,3 personnes, alors qu\u2019elle \u00e9tait de 3,5 \u00e0 Vava\u2019u, de 2,6 \u00e0 Cocos Keeling, et de 2,7 aux Marquises. Il est aussi int\u00e9ressant d\u2019ajouter que, autant \u00e0 Cocos Keeling qu\u2019aux Marquises, plus de la moiti\u00e9 des bateaux n\u2019\u00e9taient men\u00e9s que par un couple.<\/p>\n<h2>Conclusions<\/h2>\n<p>Depuis ma premi\u00e8re \u00e9tude mondiale en 1987, le monde de la croisi\u00e8re a connu d\u2019importants changements, et bien que cette \u00e9tude ait trouv\u00e9 quelques endroits o\u00f9 le nombre de bateaux de passage a augment\u00e9, les chiffres venant de Las Palmas, des Bermudes, du Panama, des Galapagos, de Tahiti, de Tonga et d\u2019Australie semblent indiquer que la popularit\u00e9 des grands voyages en bateau a peut-\u00eatre connu un pic en 2010. Ces chiffres peuvent aussi indiquer une tendance globale parmi les voyageurs autour du monde potentiels.<\/p>\n<p>Il y a plusieurs raisons \u00e0 cela, mails elles semblent toutes \u00eatre li\u00e9es \u00e0 des pr\u00e9occupations de s\u00e9curit\u00e9. Bien que le changement climatique ne fasse que commencer \u00e0 affecter visiblement le temps au large, la plupart des navigateurs sont inquiets du fait que les conditions deviennent moins pr\u00e9visibles, avec des saisons s\u00fbres qui ne sont plus garanties. Le monde est aussi per\u00e7u comme moins s\u00fbr \u00e0 un niveau individuel, non seulement dans des zones \u00e0 haut risque comme le nord de l\u2019Oc\u00e9an Indien et la Mer Rouge, le V\u00e9n\u00e9zuela, le Br\u00e9sil, le Honduras, l\u2019Afrique du Nord, de l\u2019Est, et de l\u2019Ouest, mais aussi dans certaines parties de la M\u00e9diterran\u00e9e Orientale et des Cara\u00efbes. L\u2019incertitude \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale peut aussi dissuader certains navigateurs de larguer les amarres pour un voyage autour du monde sans savoir \u00e0 quoi s\u2019attendre au retour.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9value \u00e0 environ 8000 le nombre approximatif de bateaux dans le monde qui entreprennent un grand voyage, qu\u2019ils soient en cours de croisi\u00e8re dans une certaine r\u00e9gion ou r\u00e9ellement en train de voyager. Environ la moiti\u00e9 sont dans l\u2019Atlantique, 1500 \u00e0 2000 dans le Pacifique, 1000 dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, et 1000 en M\u00e9diterran\u00e9e. Cette estimation est environ 20% inf\u00e9rieure \u00e0 la conclusion tir\u00e9e de mes \u00e9tudes en 2000 et 2010, quand j\u2019avais estim\u00e9 entre 10 000 et 12 000 le nombre de bateaux parcourant les oc\u00e9ans du monde.<\/p>\n<p>Pour conclure, ceux qui pr\u00e9parent un voyage autour du monde devraient \u00eatre encourag\u00e9s par le fait que, malgr\u00e9 certaines inqui\u00e9tudes, des destinations attractives comme les A\u00e7ores, la Polyn\u00e9sie Fran\u00e7aise, le Nouvelle-Z\u00e9lande, Tonga, le Vanuatu et l\u2019Indon\u00e9sie, sans parler des destinations des hautes latitudes, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 envahies par les visiteurs et ne montrent aucun signe que cela pourrait arriver bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Un r\u00e9sultat clair, caus\u00e9 principalement par les inqui\u00e9tudes mentionn\u00e9es plus haut, est une \u00e9volution vers des croisi\u00e8res r\u00e9gionales, de nombreux navigateurs pr\u00e9f\u00e9rant limiter leur voyage \u00e0 une r\u00e9gion ou un seul oc\u00e9an. Conform\u00e9ment \u00e0 cette tendance, l\u2019objectif d\u2019accomplir un tour du monde semble avoir perdu son aura pour de nombreux navigateurs. Alors qu\u2019auparavant la plupart de ceux qui larguaient les amarres pour un voyage autour du monde esp\u00e9rait un jour en faire le tour, aujourd\u2019hui seuls les plus d\u00e9termin\u00e9s trouvent la motivation pour aller jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-10.jpg\" width=\"680\" \/><\/p>\n<p><em><strong>Note: <\/strong>Depuis 1987 <a href=\"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/about-us\/the-team\/#JimmyCornell\">Jimmy Cornell<\/a> a r\u00e9alis\u00e9 tous les cinq ans une \u00e9tude sur le mouvement des bateaux de croisi\u00e8re dans le monde. Il est l\u2019auteur des best-sellers internationaux \u201c<a href=\"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/publications\/world-cruising-routes\/\">Routes de Grand Croisi\u00e8re<\/a>\u201d et \u201c<a href=\"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/publications\/cornells-ocean-atlas\/\">L\u2019Atlas des Oc\u00e9ans<\/a>\u201d.<\/em><\/p>\n<p><span class=\"button\"><a href=\"\/wp-content\/uploads\/downloads\/GYM-Ou-vont-tous-les-bateaux-CornellSailing.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9charger cet article en PDF<\/a><\/span> <span class=\"button\"><a href=\"\/fr\/publications\/200000-miles-a-life-of-adventure\/\">En savoir plus sur &#8216;200,000 Miles&#8217;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceci est un extrait du dernier livre de Jimmy Cornell &#8220;<a href=\"\/fr\/publications\/200000-miles-a-life-of-adventure\/\">200,000 Miles &#8211; A Life of Adventure<\/a>&#8220;.<\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/uploads\/downloads\/GYM-Ou-vont-tous-les-bateaux-CornellSailing.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9charger cet article en PDF<\/a> <a href=\"http:\/\/cornellsailing.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/survey-2015-35-11.jpg\" target=\"_blank\"><\/a><\/p>\n<p class=\"wp-caption-text\">Le nombre de yachts qui ont &#8230;<\/p>\n<p><span class=\"button\"><a href=\"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/2017\/08\/jimmy-cornell-ou-vont-tous-les-bateaux\/\">Read more<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":50075,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[99],"tags":[96,344],"class_list":["post-50076","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","tag-preparation-du-voyage","tag-survey-fr","odd"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50076","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50076"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50076\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":60402,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50076\/revisions\/60402"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50075"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50076"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50076"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cornellsailing.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50076"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}